L’organe du toucher est la peau, laquelle recouvre tout le corps, sa perception est aussi bien interne qu’externe. Le toucher permet donc une perception de l’environnement et celle de son propre corps, il est dit haptique.
Projet de la matière
Projet de la matière, 1993, une collaboration entre la chorégraphe Odile Duboc et l’artiste plasticienne Marie-josé Pillet. MJP propose aux danseurs des éléments tactiles fonctionnant sur des sensations mouvantes. Avec la danse, la matière visible ou non sur scène devient crépitements, déséquilibres, apesanteur, inertie.
La matière est et sera toujours la matière première de l’artiste.


Eléments non visibles sur scène :
Coussins d’eau : pvc, eau, 115 x 150 x 8 cm chaque
Tôles à ressorts : acier, bois, 100 x 100 x 10 cm
« Petites et moyennes baleines » : jersey de coton, millet, 15 x 15 cm et 40 x 40 cm

Eléments présents sur scène :
Gonflable : 800 x 400 cm
4 « baleines » : jersey, polystyrène, 180 x 120 cm
Mur incliné : bois, blutes, latex, 800 x 310 x 120 cm
« Petite baleine » : jersey, millet, 15 x 15 cm
Projet de la matière, une création révélatrice du pouvoir du toucher, « voir » ce qu’il procure : le déséquilibre d’un sol instable, les soubresauts d’un sol à ressorts, l’apesanteur sur un matelas d’air, l’engloutissement dans des formes molles.
Le spectacle est visible sur YouTube : https://odileduboc.com/spectacle/Projet-de-la-matiere-1993

Extrait de l’article de Laurence Louppe :
Odile Duboc, elle, a découvert en Marie-José Pillet un partenaire extrêmement intéressant. Chorégraphe exceptionnelle par la qualité de son travail et par son exigence, Odile Duboc a toujours relié son art à la sensation intérieure.
Marie-josé Pillet propose aux danseurs des coussins d’eau, des plaques à ressort, d’autres pièces fonctionnant sur des tactilités mouvantes. Autant de machines à réagir que le corps peut explorer, imprégner et modifier. L’étonnant de cette collaboration est qu’elle aboutit moins à l’exhibition directe de l’oeuvre d’art sur scène, qu’à son propre récit, à sa trace enregistrée dans le corps des danseurs. Demeurent des appuis perdus, des rebonds, des trébuchements. De l’objet, demeurent des vertiges, qui sont des vertiges. Demeurent encore sur la scène des masses malléables, et un mur, surface d’adhérence, où le corps du danseur vient se coller et se déverticaliser. Autant de support d’abandon où le corps consent à sa propre matérialité. Univers hypnotique qui voit la conscience abdiquer une partie de son pouvoir d’intervention sur le réel.

Odile Duboc chorégraphe et directrice du Centre chorégraphique de Belfort publie la revue mensuelle Contre-Jour qui développe les actions du centre Chorégraphique.
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Oeil de l’eau
Il ne suffit pas de voir, il faut se jeter à l’eau sans se mouiller ! tout un art !
Vivre la mouvance de l’eau pour glisser, danser, plonger sur des ballons de baudruche partiellement remplis d’eau. Marcher dans les profondeurs sur un sol mou, vaseux, visqueux. Etre porté sans poids ni temps par la matière en mouvements. A l’oeil et sans eau, une expérience tactile et kinesthésique d’une eau rêvée.

Oeil de l’eau, 2003, latex, textile, photographies, air et eau, armature au sol dimension variable
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Champs de Berchères
Le paysage qu’on pourrait voir en peinture, Marie-José Pillet en fait un long couloir dans lequel on est touché par des matières douces, humides, molles, craquantes qui représentent la traversée de ce paysage.




Champs de Berchères, couloir paysage tactile, 1979, Installation Couloir tactile représentant la traversée sensorielle d’un paysage : 1000 X 200 X 140 cm Couloir : extérieur bois, intérieur : textiles, verre, silicone, enregistrement sonore. 32 croquis tactiles : 30 x 20 cm. Mémoires tactiles : photos, textes.
Une fois la porte du couloir refermée derrière soi, on rentre dans le ventre d’un animal ou alors dans une forêt sauvage… Il y fait sombre, on n’y voit rien, on se laisse emporter par le toucher des matières qui nous entourent des pieds à la tête. La marche est lente et peu équilibrée… une foule de sensations nous envahit, on rêve ou on est perdu, on voyage dans une boîte de 10 m de long, on est ailleurs et pourtant là. A proximité du couloir, le visiteur expérimente en touchant des croquis tactiles à portée de mains et des matières naturelles mises au sol. Il sent la mollesse lourde des labours, le balancement des épis de blés sur leur tige, la froideur de l’eau du ruisseau, le chatouillement des herbes hautes, la rudesse agressive d’une route… des reconstitutions inventées, souvent textiles, juxtaposant la pierre et le skaï, le bois et les ressorts et d’autres matériaux encore.
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Passing Show Hong Kong<>Paris
Performance de Marie-José Pillet et Frédérique Decombe
Deux lieux : Paris et Hong Kong Un seul moment : 6 mars, 13 h à Paris et 20 h à Hong Kong, 2021





Extrait de la captation de la performance
Qu’on soit à Paris ou à Hong Kong, PASSING SHOW, HK<>Paris nous invite à vivre au présent un art sérieux et en même temps ridicule.
Sous-tendu par le texte de Thomas Bernhard, Maitres anciens, la performance propose en deux espaces séparés et une même durée, une sorte d’anatomie de la pensée par les moyens plastiques propres aux deux artistes. A Paris, Marie-José Pillet cherche à tricoter de l’art avec des barreaux de chaise, questionnée par son propre rôle et le questionnant. A Hong Kong, Frédérique Decombe manipule corps, paroles, textes de six performers, produisant sens et sons comme matériau plastique en un Wordpainting. Un personnage aveugle, dédoublé, l’un à Hong Kong visionne la scène avec une caméra et l’autre à Paris cherche à voir par ses autres sens, représente notre incompétence à vivre pleinement.




Story board
40 dessins 21x 29,7 cm Aquarelle et encre

